lundi 27 mars 2017

La presse en parle.


En Bretagne, un accueil cousu main pour les réfugiés


Des villages bretons se mobilisent pour accueillir des migrants syriens, irakiens et afghans. Par endroits, les logements disponibles demeurent vides.


Savourer l’écho de ses pas sur le granit silencieux de Plogastel-Saint-Germain (Finistère), puis servir un café aux visiteurs en lieu et place du thé oriental. Un mois après son arrivée en Haut Pays bigouden, Batoul glisse doucement vers la culture française. Et en même temps qu’elle trouve ses marques, la Syrienne de 26 ans reprend espoir. « Quand je parlerai français, je terminerai mes études d’infirmière », promet-elle, fatiguée de trois années de survie sans horizon au Liban.
Veuve de guerre, Batoul a fui Alep, ses bombes et le remariage arrangé auquel on la destinait. « Mais au Liban, il est aussi inconcevable qu’en Syrie de vivre seule avec un enfant », explique celle que le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) avait tôt repérée comme « prioritaire pour une réinstallation ». Pourtant, quand on lui a parlé de la France pour y être accueillie, Batoul a fondu en larmes… « Avec votre laïcité, je pensais que je ne pourrais plus porter mon voile », rit-elle, rassurée par son premier mois bigouden. Sur la trace des réfugiés de Bretagne, les belles histoires comme la sienne se multiplient depuis deux ans.
Des familles en attente d’un départ
Mercredi 1er mars, Pierre Plouzennec, le maire de Plozévet, village à mi-chemin entre Quimper et la pointe du Raz, vient de récupérer un logement et le met illico à disposition de réfugiés. Comme si ce village hyperdiplômé sur lequel le sociologue Edgar Morin s’était penché dans les années 1960 ne voulait pas rater son rendez-vous avec l’histoire. Son enthousiasme fait écho à celui des villes de Carhaix et Plougastel-Daoulas qui, bien qu’accueillant déjà des réfugiés, se disent prêtes à « faire plus ». Pendant que le premier magistrat de Plobannalec-Lesconil s’inquiète, lui, des délais d’attente pour la venue de « sa » famille. Si, en Bretagne, l’accueil fait boule de neige, c’est aussi parce qu’il est cousu main.
Et c’est Jean-Jacques Brot qui tient l’aiguille. Celui qu’on appelle « le préfet des Syriens » vient d’être nommé conseiller du gouvernement, alors qu’il coordonne l’accueil des réfugiés syriens réinstallés, des minorités religieuses irakiennes et même des civils afghans depuis deux ans.
A moins de deux mois de l’échéance présidentielle, le préfet affiche la réinstallation silencieuse de 2 600 Syriens hier entassés dans les camps en Turquie, en Jordanie ou au Liban ; 350 sont en Bretagne, dont Batoul et son fils. On est certes loin...

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