jeudi 11 février 2016

Rencontre des personnes accompagnant les demandeurs d’asile dans le Finistère Nord.

Vendredi 5 février à Brest

De nombreuses personnes se sont émues de la situation des demandeurs d’asile dans notre région, en particulier de l’insuffisance flagrante d’hébergements. Constatant que, à court terme, l’État ne peut faire face à toutes les demandes, elles se sont constituées en associations pour contribuer à l’amélioration de l’accueil, de l’hébergement et de l’accompagnement de ces migrants, en particulier à Plougonvelin (Solidarité Iroise, 50 adhérents), Brest (Digemer 60 adhérents, SOS Réfugiés du Moyen Orient 15 adhérents) Plabennec-Pays des Abers (20 adhérents), Saint Urbain (30 adhérents), Plouguerneau (15 adhérents), Plounéour-Trez - Côte des Légendes (15 adhérents), Saint-Éloy (une vingtaine de personnes).
Une trentaine de représentants de ces associations s’est réunie vendredi 5 février à Brest. Après un exposé de Anne-Marie Dantec, de La Cimade Finistère sur le parcours administratif des demandeurs, l’évolution dans les nouvelles lois de juillet 2015 et celles qui se préparent, les participants ont partagé leurs expériences et leurs préoccupations.
Tout d’abord elles notent que, si les nouvelles dispositions ont permis, depuis décembre 2015, d’accélérer les procédures, le parcours administratif du demandeur d’asile qui, par un moyen ou par un autre, arrive dans le Finistère, est toujours aussi complexe et surtout aléatoire. Les dossiers reçoivent de moins en moins d’avis positifs, en particulier pour les demandeurs originaires des Balkans.
La situation de l’hébergement reste préoccupante. Plus d’une centaine de personnes dont la demande est en cours de procédure, dont des familles avec enfants, ne bénéficie pas de l’hébergement prévu par les textes et doit survivre entre la rue et les squats, voire une voiture. Face à cette situation totalement inacceptable, plusieurs mairies, institutions et particuliers se sont déclarés, directement ou par l’intermédiaire des associations présentes, auprès de la Préfecture ou de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, pour proposer des logements, le plus souvent gratuitement. Les associations ne comprennent pas pourquoi ces logements disponibles mettent autant de temps à être effectivement occupés, ces délais finissent par décourager les bonnes volontés.
Autre sujet de préoccupation, les demandeurs qui ne rentrent pas dans le cadre de la Convention de Genève, ceux qui arrivent de pays dits « sûrs », et qui ont épuisé tous les recours (« les déboutés »). Leur situation est encore plus inquiétante : ils n’ont droit ni à un hébergement ni aux allocations. Ne pouvant être reconduits dans leur pays d’origine parce qu’ils y seront en danger, sans ressources, sans autorisation de travailler, ils ne peuvent compter que sur les organisations humanitaires pour survivre, se loger, se nourrir, et faire face aux dépenses incontournables, scolarité, transports, etc.

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